"Ne bougez plus, je vous prie !" (année scolaire 2013 - 2014)
Pendant longtemps, avoir une photographie de soi fut une opération qui n'était pas facile. Il fallait se rendre dans l'atelier d'un photographe où toute une mise en scène était nécessaire. Il s'y passait quelque chose d'un peu magique. C'était un moment solennel.
Sur le tableau ci-dessous, on voit bien les mariés qui sont venus poser pour avoir un souvenir de leur union. Leurs proches sont en retrait et n'apparaîtront pas sur la photographie. Par exemple, le photographe évitera de montrer la dame qui tend le voile de la mariée.
Au-dessus d'eux, une verrière laisse entrer la lumière. Sans lumière, pas de photographie. Le photographe sait la doser et l'orienter. D'ailleurs le mot "photographie" signifie l' "écriture de la lumière" !
Dagnan-Bouveret, Une noce chez le photographe, 1879
Le photographe réalise à ce moment-là un portrait. La principale contrainte était un temps de pose qui exigeait l'immobilité des modèles.
Alors, les conditions étant réunies,
Alors, les conditions étant réunies,
"Sous le drap noir, il s'accroupit
Et de la main il fit silence :
Ne bougez plus, je vous prie !
Mystérieuse, stupéfiante était l'opération"
Lewis Carroll, Hiawatha photographe, 1857
Et que voyaient les mariés à ce moment-là ? Un homme penché sous un voile et eux en reflet sur une lentille frontale comme le montre le dessin ci-dessous
Ce genre de procédé fait partie de l'histoire de la photographie aujourd'hui, il peut nous sembler un peu démodé.
Car du temps a passé, l'excellence technologique est désormais accessible avec des appareils qui permettent de réaliser instantanément une photographie parfaite. Une photographie immédiatement modifiable et visible sur les réseaux sociaux. Mais les regardons-nous encore, ces images ? Ne sommes-nous pas parvenus à une sorte de saturation ?
L'année dernière, nous nous sommes déjà intéressé au thème du portrait au cours de différents ateliers. Vous pouvez voir nos réalisations ici.
Pour ceux qui n'étaient pas au collège en 2009, nous vous invitons à aller voir les photographies où d'autres élèves posaient déjà mais c'était dans le quartier de l'Ariane, c'est là.
Qu'avons-nous voulu faire cette année ?
Dans le projet de cette année, nous
avons voulu retrouver la solennité qui présidait à la réalisation
d'un portrait, à sa part de mystère et de hasard. Pour cela, nous
avons travaillé en argentique et en noir et blanc. Nous avons aussi souhaité travailler sur l'exposition multiple.
Tout de suite, nous avons été prévenus que nous ne pourrions pas voir notre photo à l'issue des prises de vue. M. Ravailler et M. Naudet ont fait les développements des pellicules, étape indispensable pour se faire une idée des résultats.
Quel étonnement de ne pas pouvoir visualiser tout de suite le résultat ; quelle impatience avant que, sur une surface sensible couverte de grains d'argent, l'image n’apparaisse enfin ! Et cette image, modelée par le tireur au laboratoire baigné d'une lumière rouge, est unique.
Quel matériel utiliser pour nos prises de vue ?
Nous avons installé un petit studio au collège: un fond noir, un flash, un vieux Nikon, un Rolleicord et de la pellicule. Bref, une prise de risque quand même !
Voilà ci-dessous à quoi ressemblait notre installation : devant un fond noir, Houda devait utiliser un téléphone portable et se balancer sur les côtés. L'exposition calculée, l'appareil déclenchera le flash. C'est parti pour trois prises de vue successives.
Et voici le résultat
Prenons un autre exemple avec Sabrina et Maryana. Il s'agissait de faire deux prises de vue consécutives.
On a utilisé la même technique pour réaliser ensuite cette photo de Kilian grâce à une triple exposition. Son visage est bien net, parce qu'il a réussi à conserver une immobilité parfaite, ce qui n'était pas facile à réussir !
En utilisant le même principe, on saisit Wafaa qui se balance aussi sur les côtés.
Toujours sur cette idée de l'exposition multiple, Samyoun s'est prêté au jeu avec un drôle d'accessoire
Mais nous avons aussi réalisé des photographies où nous ne serions qu'une fois !
Il arrive que la photographie prise fasse penser à une autre image: M. Naudet nous a montré ce tableau de Paul Gauguin que Chaima lui a rappelé.
Maryana aussi a bien réussi cette astuce
Mais nous avons aussi réalisé des photographies où nous ne serions qu'une fois !
Il arrive que la photographie prise fasse penser à une autre image: M. Naudet nous a montré ce tableau de Paul Gauguin que Chaima lui a rappelé.
Parfois, le modèle semble pris en photo sans s'en douter comme ci-dessous Albiona, un peu rêveuse (avec un appareil vieux de presque 60 ans ...).
Ou Houda qui détourne la fonction d'un objet pour amener notre attention sur son regard ou qui semble vouloir se cacher derrière lui
Et le hasard aussi (d'autres diront la chance ...). Le bracelet est bien dans la continuité du collier sans qu'on ait cherché cet effet !
Enfin, petite entorse au projet, une photo en couleurs, construite à partir de trois paires d'yeux ... du même modèle, Camilia.
Souhaitons que les élèves, modèles ou opérateurs, aient réussis à se transformer en magiciens de la lumière en réfléchissant à une mise en scène, à un éclairage, à l'utilisation d'accessoires. Mais aussi en faisant confiance au hasard. Et qu'ils aient pris du plaisir à cela.
Merci à Jean Ravailler qui est intervenu au collège pour les prises de vue, pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Enfin, petite entorse au projet, une photo en couleurs, construite à partir de trois paires d'yeux ... du même modèle, Camilia.
Souhaitons que les élèves, modèles ou opérateurs, aient réussis à se transformer en magiciens de la lumière en réfléchissant à une mise en scène, à un éclairage, à l'utilisation d'accessoires. Mais aussi en faisant confiance au hasard. Et qu'ils aient pris du plaisir à cela.
Merci à Jean Ravailler qui est intervenu au collège pour les prises de vue, pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Une partie de ces photos sera exposée entre le lundi 2 juin (le vernissage est à 19h00) et le dimanche 8 juin. C'est ici et l'entrée est gratuite. Une exposition plus complète est en préparation dans le quartier de l'Ariane, exposition à laquelle vous serez invités.
P.S: Nous ne sommes ni sur Facebook ni sur Twitter ! Par contre, vous pouvez utiliser ce Code Qr sur vos smartphones
Enfin, au cours de l'hiver dernier, les élèves de 4e3 ont participé à un concours photo et leurs photos ont été très remarquées. C'est ici.
Et rendez-vous l'année prochaine pour un autre atelier. Dès la rentrée, les élèves seront prévenus du retour de l'activité photo au collège Maurice Jaubert et pourront s'inscrire. On vous promet de belles choses encore !
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